Chichicastenango

Après avoir appris à le prononcer, nous sommes arrivés dimanche, jour de marché à Chichicastenango – dit « Chichi », pour les intimes. La route pour y arriver était magnifique (malgré les trop nombreux virages et le style de conduite légèrement stressant des Guatemaltèques). Chichicastenango est une ville entourée de montagnes, surtout connue dans tout le pays pour son marché: le plus vaste du Guatemala.

De nombreuses familles indiennes descendent des montagnes aux alentours pour vendre leurs récolte ou leur artisanat. Il y a environ 2000 « stands » sans compter les vendeurs ambulants (on a même vu des gens vendre du dentifrice en criant : « Colgate ! Colgate ! Colgate! » prononcé ici « Colgaté ! Colgaté ! Colgaté! » ou encore de la mort aux rats en petit sachet, des cailloux, des rasoirs jetables…).

On y croise des commerçants ayant pignon sur rue qui ajoutent une table devant leur magasin, d’autres qui construisent des cabanes la veille pour y passer la nuit et y faire le stand le lendemain. L’ambiance de ce marché est extraordinaire et les couleurs magnifiques. Les guatémaltèques sont vraiment très fort dans l’art du tissage.
Une jolie église surprend par sa blancheur au milieu de ce grand bazar coloré. D’ailleurs, toutes les marches de l’église sont prises par les vendeurs de fleurs.

Un peu partout autour du parc central et dans les allées du marché, on croisait des enfants qui proposaient de cirer les chaussures. Nous avons été surpris de voir beaucoup d’enfants et d’ados se faire cirer les chaussures.
Evidemment, la règle d’or est le marchandage. De toute façon tous les vendeurs annoncent leur prix et disent « hay descentos », (il y a des réductions).

Cette ville est peuplé de Maya « quiche », et il est très très rare d’entendre les locaux parler espagnol. Dans l’église de Chichicastenango, nombreux rites précolombiens ont lieu. La religion Maya n’a pas du tout disparu à l’arrivée des Espagnols. Les prêtes et prêtresses maya sont aussi des médecines, conseillers en tout genre. Les rites qu’ils organisent se font dans les églises, les cimetières ou les temples maya.

À la fin de la journée, on pensait que tout le monde plierait bagages, et rentrerait. Mais la plupart sont restés, et les espaces libérés ont vite été remplis à nouveau par des stands de nourriture destinés à tous les commerçants du marché.

En fin de journée, Jean est allé se faire raser par un barbier pour la somme de 15 quetzales (1,5€). Nous avons beaucoup parlé avec lui. Il a 18 ans il a commencé à travailler dans salon de coiffure à l’âge de  15 ans, après sa formation qui a duré trois mois. Il travaille tous les jours de la semaine dans son petit salon avec son associé du même âge.
Sachant que les gens ici se mariaient très tôt, nous lui avons demandé si il était marié. Il a répondu que non, que lui préférait attendre même si la norme était de se marier autour de 15 ans.
Il nous a dit qu’à 18 ans, il assistait donc déjà aux premiers divorces de ses amis qui s’étaient mariés trop tôt et avaient déjà un ou deux enfants.

Antigua

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Nous avons pris un bus de Lanquin pour Antigua. Il a fallu toute la journée pour arriver à destination. Le jour de transport était plutôt bien choisi au final, puisqu’il pleuvait toute la journée.

Antigua est une ville magnifique. Les maisons ont des façades de différentes couleurs: bleues, rouges, jaunes, organes. Il n’y a pas de hauts bâtiments ce qui permet de toujours voir les trois volcans : « Agua », « Fuego » et « Acatenango » qui sont autour de la ville. La ville s’appelait auparavant Santiago et a été victime de nombreux tremblements de terres. Après celui de 1773, le gouvernement espagnol, fatigué de tout le temps reconstruire les bâtiments a décidé de choisir une nouvelle capitale au Guatemala : Guatemala Ciudad. C’est à ce moment là que les gens ont commencé à parler de Santiago comme de l’Antigua, ancienne capitale, et le nom est resté. D’ailleurs, la ville est construite autour de nombreuses ruines, qui sont, pour la plus part restées en l’état. Il est assez facile de les voir en se promenant dans la ville. C’est probablement la ville la plus touristique du Guatemala, une étape incontournable.

Les artisans sont donc très nombreux à proposer leurs créations dans les rues. On se fait aborder à tous les angles de rues pour des colliers, écharpes, flutes en bois, sculpture sur bois etc. En visitant une boutique, nous avons découvert que chaque village avait un code vestimentaire, des couleurs et motifs qui lui sont propres. Ces motifs sont reproduits sur les vêtements, les sacs et différents accessoires créés par la communauté. Les images qui reviennent souvent sont le maïs, élément de base de la cuisine et de la culture maya. On retrouve souvent le Quetzal, animal fétiche des guatémaltèques. Cet oiseau représente la liberté parce qu’il ne peut pas vivre en captivité plus d’une journée. Les fleurs et les étoiles sont également souvent représentés. Le porte à porte est très répandu. Les vendeurs de fruits, de lait, de pain, de journaux, fruits secs, d’eau, de tout en fait, viennent démarcher les particuliers comme les commerçants dans la rue. On a même vu un camion rempli d’ananas et de papayes faire le tour de la ville pour proposer des morceaux de fruits ou des fruits entiers pratiquement à chaque pas de portes.

Nous avons fait une excursion pour faire l’ascension du volcan Pacaya, à 1h15 de route d’Antigua. Lors de la montée, nous étions suivis par des locaux, ainsi que leurs chevaux, qui guettaient les plus flemmards fatigués pour leur proposer un service peu commun de taxi. L’excursion était vendue avec des photos de lave bien rouge et les guides disaient qu’il fallait apporter beaucoup d’eau parce qu’il faisait très chaud. Après 1h30 de marche avec des coupes vents, nous sommes arrivés à un point de vue venteux et parfois nuageux. Là où nous nous attendions à voir un champ de lave nous n’avons vu que de la roche magmatique à perte de vue, soit de la lave refroidie. Nous avons été un peu déçus sur le moment. Mais heureusement, la guide s’est rattrapée avec ses chamalow et ses branches pour les faire rôtir à la fumée du volcan. Jean a eu encore plus de chance parce qu’il a partagé son « barbecue naturel » avec le guide et sa brochette de saucisses. La vue depuis le haut du volcan était aussi très belle. On y voyait d’autres volcans, d’autres villes, dont Guatemala Ciudad, et une lagune.

Lanquin et Semuc Champey

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Nous avons pris un bus au départ d’El Remate pour arriver à Lanquin 8 heures après.

Nous avons sympathisé avec notre premier chauffeur (qui est en fait le gérant de notre hôtel). il nous a raconté son « histoire ». Il nous a expliqué que tous les guatémaltèques ou presque rêvaient d’aller vivre aux Etats-Unis. Alors qu’il avait déjà deux enfants, il a décidé de tenter sa chance de traverser la frontière illégalement. Pour cela, il lui a fallu payer l’équivalent de 8000 dollars américains à un « coyote » comme ils les appellent ici, ce qui est une somme astronomique pour eux. Le « coyote » a normalement des « plans » qui lui permettent de faire passer des gens au USA, en passant entre les mailles des nombreux filets de sécurité de l’immigration américaine.

Après quatre tentatives échouées, il s’est fait arrêter et emprisonner aux États-Unis pour une durée de trois mois. Il a fallu que sa familles trouve 8000 autres dollars pour le faire sortir de prison. D’après lui, sur 100 clandestins, 10 parviennent à passer la frontière. Finalement, de retour chez lui, il s’est occupé de son petit hôtel, et a su remonté la pente.

Il nous a décrit le peuple Guatémaltèque comme très uni et solidaire. Par contre avec un système politique / judiciaire tellement corrompu que personne au pays n’a confiance dans l’autorité. Si quelqu’un commet un crime, quelques pots de vins lui suffiront à éviter une lourde peine. Il pourrait s’en sortir avec quelques jours de prison.

C’est pourquoi, selon lui, les traditions ancestrales de punition par les villageois sont restés bien encrées. Elle permettent de garder un certaine justice ou du moins la crainte du châtiment par les autres villageois si l’on commet un crime grave (meurtre, un vol d’enfant). Par contre, le viol, même illégale, reste tabou et impuni, donc extrêmement répandu apparemment.

Les châtiments pour les criminels peuvent être les suivants: coups de fouet en public, on coupe les cheveux des femmes et on les chasse du village avec toute leur familles, on peut aller jusqu’à immoler vivant des personnes au milieu de la place publique. Il nous a précisé que ce genre de châtiments n’étaient pas quotidiens et que cela pouvait avoir lieu une fois par mois environ. Selon lui, même la police ne peut entrer sur la place pour empêcher de tels règlements. Les gens savent trop que la police ne fera qu’encaisser de l’argent et ne punira pas le criminel. Ils s’en chargent donc de manière assez terrifiante tout de même.

La route pour aller à Lanquin était belle, mais un peu longue. Partis de El Remate à 7h15, nous sommes arrivés à destination à 17h00. Les 17 derniers kilomètres (faits en 2 heures) étaient impressionnants : descente raide, piste avec d’énormes trous et roches disséminés. Le mini bus bougeait dans tous les sens…

Le soir même, au restaurant de l’hôtel, nous avons sympathisé avec un couple d’ hollandais, Lisa et Rick. Cela tombait bien, nous avions prévu de faire la même excursion le lendemain !

Nous sommes partis à 9 h du matin. La journée commençait par la visite de grottes. Mais attention, n’imaginez pas des grottes comme on a l’habitude de voir chez nous. Non, c’était plutôt un « parcours d’aventure extrême.

Le guide avait prévenu : mettez vous plutôt en maillot de bain…Pour visiter des grottes?

C’est très vite que nous avons compris que nous passerions plus de temps dans l’eau qu’hors de l’eau.

Le guide nous a fait des traces noires sur le visage à chacun avec du charbon de bois. C’était très sombre, éclairé à la lueur de la bougie que chacun tenait dans sa main. Il fallait parfois monter des « escaliers » ou escalader des murs assez raides. On n’avait pas toujours pied, donc il fallait essayer de nager en gardant la bougie hors de l’eau. On endentait les chauves-souris dans la grotte. Il fallait se plier en deux, voire en trois parfois, pour passer dans des trous et rejoindre une autre galerie. Il fallait vraiment pas être claustrophobe ou trop peureux. En arrivant à certaines étapes de la visite, le regard d’Adélaïde montrait qu’elle n’était pas rassurée du tout ! Surtout quand il a fallu passer dans un trou, dans lequel passait aussi une cascade assez puissante, qu’on ne voyait pas du tout ce qu’il y avait derrière. On a pris de grosses montées d’adrénaline ! La journée qu’on imaginait tranquille commençait bien !

Une fois sortis de la grotte, c’était le moment de monter en haut d’une balançoire et de se jeter à l’eau pour faire un grand saut dans la rivière.

Un de nous deux l’a fait … on vous laisse deviner lequel !

Après ça, nous avons descendu une rivière assez tranquille assis sur de grosses chambres à air poussés par le courant. Le moment était vraiment agréable, on pouvait prendre le temps d’admirer le paysage.

Quelques enfants ont commencé à nous proposer des bières depuis le bord de l’eau, en nous criant qu’on pourrait payer après.

C’est alors qu’un des petits est monté sur sa chambre à air, la glacière pleine de bières sur les jambes, pour nous proposer un service de livraison tout terrain. C’était drôle à voir!

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Après une rapide pause pour le repas, nous avons entamé une randonnée assez corsée pour monter au mirador et observer Semuc Champey depuis le haut. C’était une rando / escalade très sportive, mais la vue en valait vraiment la peine. C’était magnifique!

Une fois redescendus nous avons eu le temps de nous baigner dans chacune des superbes piscines naturelles que nous venions de contempler quelques 50 mètres plus haut. Les petits poissons présents dedans sont même venus nous enlever les peaux mortes sur les pieds ! Une pédicure gratuite en prime ! C’était agréable, mais ça chatouille !

Nous sommes rentrés crevés d’avoir fait tant de sport mais heureux d’avoir passé une trop bonne journée et vu de si belles choses !

El Remate et Tikal

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Après 7 heures de bus qui ont finalement pris 10h, ainsi que plusieurs frontières passées dans la journée (sortie du Mexique, entrée au Bélize, sortie du Bélize, entrée au Guatemala) nous sommes arrivés au petit village El Remate.

C’est un endroit très calme où tous les piétons nous saluent avec un grand sourire. Même certaines personnes en voiture ou sur une moto nous font des signes de la main pour nous faire un coucou.

On s’est ballades au bord du lac et nous avons observé des personnes qui y faisaient leur toilette, juste à côté de personnes qui lavaient leur linge et d’autres qui pêchaient avec une cage en fer. Dans ce village, les cochons se promènent en liberté, et les locaux nous assuré qu’ils savaient toujours rentrer chez eux.

Le coucher de soleil était exceptionnel. Un des premiers du voyage qui sera vraiment mémorable. Le rose était si intense qu’on n’en a jamais vu de pareil.

Au Guatemala, les plats ne sont pas épicés à la base, et le piment est toujours servi à part. En fonction de ce que nous avons vu pour le moment, les prix du logement et de la nourriture sont encore plus bas qu’au Mexique. Le taux de change est très facile à calculer puisqu’il suffit d’enlever un 0 au montant en quetzal (monnaie guatémaltèque) pour obtenir l’équivalent en euro.

Le quetzal est en fait le nom d’un oiseau qui symbolise le pays. C’est un oiseau sacré pour les maya, qui a une queue en forme de deux serpents collés qui volent. (avec un peu d’imagination quand même)

Nous avons, pour la première fois du voyage pris un tour guidé pour le lendemain matin. Luis, notre guide, nous avait assuré que le tour qui partait de l’hôtel à 3H30 du matin valait vraiment la peine et il ne s’est pas trompé.

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En fait, Tikal est le seul site précolombien a accepter les visites nocturnes à condition d’y aller avec un guide.

Voir le lever du soleil depuis le haut d’une pyramide est un spectacle incroyable.

Le système astral et mathématique étaient si bien maîtrisés qu’à chaque solstice, un des différentes pyramides était éclairée. C’est fou de réaliser ce dont les maya ont été capables de construire sans les moyens que nous avons aujourd’hui.

Mais l’aventure a commencé bien avant : une fois réveillés (à 2h55) et préparés (anti moustique, pantalons, chaussures de marche, appareil photo, de quoi grignoter et de l’eau), nous sommes allés attendre le mini bus avec Luis, notre guide.

Une fois arrivé sur le site, nous avons marché une quarantaine de minutes dans la jungle durant la nuit. Les cris des animaux donnaient la chair de poule… Le sentiment d’être complètement encerclés par une jungle si vivante était assez magique.

De temps en temps, le guide s’arrêtait pour nous montrer d’énormes araignées. Impossible de dénombrer la quantité de cris d’animaux différents que nous avons pu écouter en si peu de temps… ni de tous les identifier. Mais c’était méga impressionnant!

Et sincèrement, nous n’aurions pas eu le cran de le faire seul, sans guide (de toute façon c’est impossible d’entrer seul) parce que les bruits de la forêt étaient flippants. Surtout parce qu’on ne voyait pas trop où on marchait.

Une fois arrivé en haut de la pyramide, nous nous sommes tous posés sur les marche les plus hautes pour attendre le lever du soleil. Le temps était un peu brumeux mais ça ajoutait à la magie du spectacle. Peu à peu, les nuages se dégageaient pour laisser voir les autres pyramides et monuments du site. Inoubliable !

Au cours de la ballade, nous avons vu différents types de signes sauter d’arbre en arbre, une mygale, des fourmis multicolores et apparemment très dangereuses, un toucan, un oiseau de la famille du Quetzal.

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Le guide nous a montré plein d’arbres et de plantes plus belles les unes que les autres. Nous avions l’impression d’être les « chouchous » du guide, qui nous appelait en tout premier dès qu’il voyait un oiseau ou un animal à voir.

Comme quand nous étions allés à Chichen Itza, nous avons pu voir les gens arriver en masse à l’heure où nous sommes sortis du site.

Tikal est sans aucun doute le site archéologique Maya que nous avons préféré. Il est majestueux, on peut monter sur les pyramides, on a pu y aller de nuit et observer tant d’animaux en si peu de temps. Cette visite nocturne un peu plus chère que la visite normale valait vraiment la peine d’être vécue. Une superbe première journée au Guatemala!

Bacalar

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 Après deux « combis » qui sont en fait des bus collectifs, nous sommes arrivés à Bacalar et avons trouvé un logement juste au bord de la lagune. L’endroit parfait, beau et calme. La lagune s’appelle aussi « lagune des sept bleus » parce qu’il y a sept tons de bleus quand on la regarde.

Nous avons visité le fort San Felipe Bacalar. construit afin de protéger la population des attaques des pirates.

Il y avait aussi un petit musée à l’intérieur où on a pu voir des tableaux et illustrations qui retraçaient l’histoire de la ville, et notamment le massacre des populations autochtones par les espagnols : ils attachaient hommes, femmes et enfants à de grosses pierres et les jetaient dans les cenotes pour qu’il se noient. Ils les laissaient aussi se faire dévorer par leurs chiens sauvages et admiraient le « spectacle »…

La journée a été tranquille, entre ballades en ville, pique-nique au bord de l’eau.

Jean n’a pas hésité à se lever à l’aube pour voir le soleil se lever sur la lagune. Il s’est quand même recouché après…

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De Bacalar, nous sommes allés à Chetumal en taxi. C’est une ville frontalière avec le Bélize. On a pas mal marché dans la ville et Jean en a profité pour se faire couper les cheveux pour 50 pesos (3 euros). Le salon, complètement ouvert sur la rue, sans porte d’entrée était rempli de vieilles photos du coiffeur avec d’autres personnes. Le coiffeur semblait sorti tout droit d’un film, avec sa moustache, ses vêtements chics, repassés.

Chetumal n’est pas une ville très intéressante à visiter mais bon, c’est le point de départ pour le Bélize et le Guatemala. Donc un point de chute inévitable pour nous ! Et oui! Le départ pour le Guatemala approche. Nous allons prendre un bus de Chetumal qui passera par le Bélize puis arrivera au Guatemala. Nous avons hâte de découvrir un nouveau pays et sommes contents de savoir qu’on retourne au Mexique après ! Encore plen de choses à découvrir !

Tulum

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Dès notre arrivée à Tulum, nous sommes allés visiter les ruines archéologiques de la ville. Cette cité Maya est construite en bord de mer, ce qui lui donne un charme tout particulier même si les édifices sont moins impressionnants que ceux de Chichen Itza ou Uxmal. A l’époque, les bâtiments étaient recouverts d’une épaisse couche de stuc peint de couleurs vives, en bleu, blanc et rouge. Les couleurs étaient faites pour durer le temps d’un siècle maya, c’est à dire 52 ans. Au bout de ces 52 ans, on entamait des rénovations, durant 5 jours, tous les feux de la ville étaient éteints et toutes les dettes annulées. Pas mal hein?  La situation de la cité permettait de nombreux échanges avec d’autres cités d’Amérique centrale. Une des tours avait même la fonction de « phare ». Les mayas qui vivaient là maintenaient un feu allumé dans une des tours de la cité pour signaler la présence de la ville.

La particularité de Tulum est d’être entouré d’une muraille de 4 à 7 mètres d’épaisseur. D’ailleurs Tulum veut dire « muraille » en maya.

Il y a aussi une plage sur le site archéologique, ce qui permet de se rafraichir un peu lors de la visite. On y a croisé un Koati et plein plein plein d’iguanes.

On dirait littéralement des décors de carte postales. Nous nous sommes trompés de taxi collectif et sommes allés de l’autre côté de la plage, le côté où il est impossible d’accéder à un bout de mer sans passer par des hôtels ou restaurants chic du bord de plage. C’était impressionnant de marcher de longues minutes puis de devoir finalement prendre un taxi tant la zone hôtelière fait des kilomètres et des kilomètres. C’était l’envers du décors.

Nous avons finalement trouvé la plage publique, très peu fréquentée puisque nous sommes en basse saison.

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Elle est magnifique, avec ses différents tons de bleu, le sable est si fin qu’il colle bien à la peau.

Après quelques plouf nous avons marché le long de la plage et avons goûté notre premier « coco frio ». Noix de coco gardés dans des glacières avec pleins de glaçons dedans. A l’aide d’une machette, le vendeur nous a tranché le haut de la noix de coco pour que nous puissions boire l’eau de coco. C’était délicieux. Une fois terminée, il a repris la noix de coco pour nous la couper en deux et nous donner la chair qu’il y avait à l’intérieur. La chair n’étais pas sèche du tout, mais bien moelleuse. On s’est régalés !

Un « faux » départ !

Notre seconde expérience de plongée fut un peu plus compliquée. Le courant était très fort. Nous nous sommes donc contentés de faire nos exercices pour passer « l’open water ». Il va nous manquer trois plongées, une contenant des exercices et deux plongées pour le plaisir, avantt de pouvoir avoir l’autorisation de plonger. Nous étions accompagnés d’Emma, Yolanda et de Carlos et Sukuli, des amis mexicains qui habitent sur l’île.

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Les premiers exercices que nous avons fait en suivant l’exemple sur Yolanda étaient les suivants : monter et descendre de niveau sous l’eau grâce à des exercices de respiration. Remplir le masque d’eau et être capable de l’enlever. Puis enlever le masque sous l’eau et le remettre. Enlever le régulateur, puis le remettre.

Nous avons aussi fait un exercice où nous devions respirer jusqu’à sentir que nous n’avions plus d’air, et faire le geste « je n’ai plus d’air » sous l’eau pour que Yolanda nous ré-ouvre la bouteille d’air.

C’est intéressant la communication sous l’eau. Beaucoup de choses passent par le regard et il faut aussi apprendre un nouveau langage des signes.

Un nouveau bénévole est arrivé dans la semaine. Oscar, un mexicain de Guadalajara. Avec lui aussi, le courant est très vite passé. Après le travail, nous avions pris l’habitude de tous aller à la plage à côté du « Cafe del Mare » notre petit coin plage à nous.  Il n’avait jamais nagé. Nous avons essayé de lui apprendre à nager avec Emma et il s’est directement senti « comme un (grand) poisson dans l’eau ». Ah oui! nous avons découvert ici que les mexicains des autres régions sont bien plus grands qu’au Yucatan. Selon les locaux, c’est parce qu’il y avait trop de moustiques dans le Yucatan que les espagnols mirent plus de temps à s’implanter dans la zone.

Nous avons assisté à une cérémonie en hommage à la pleine lune, animée par Gabi et Fede, des amis mexicains rencontré sur place. Au cours de cette cérémonie qui se déroulait autour d’un feu, les hommes se sont mis de la poudre d’argile blanche sur le visage et certains sur le corps. Le but était d’être blancs comme la lune.  Dommage qu’il n’y ait pas de photo à l’appui !

Le bilan de ces deux semaines de bénévolat est très positif. Nous avons construit et rénové pas mal de meubles, peint pas mal de murs, meubles et portes. L’aspect général de la maison à vraiment changé en deux semaines. Il faut dire qu’à plusieurs bénévoles, le sentiment d’avancer est plus fort.

Nous avons fait la connaissance de plein de monde que nous avons hâte de revoir… et c’est pourquoi nous repasserons par Cozumel à la fin de notre voyage au mexique.  C’est un peu  (beaucoup) notre maison d’ici finalement !

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Plein les yeux à Cozumel

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Voilà un peu plus d’une semaine que nous sommes « Cozumelenos », avec (déjà) nos petites habitudes : le supermarché du coin, le spot à la plage, le bar pour attraper le wifi qui nous manque cruellement à la maison…On est bien dans notre petite routine de bénévoles.

Le temps passe vite..Enfin le temps passe vite mais pas pour tout, car la notion du temps sur cette petite île, est une notion bien spéciale.

Tout prend plus de temps : pour nous faire livrer des palettes, pour acheter une scie à bois, ou encore se faire prêter une scie circulaire…

Mais bon, on l’apprend au fur et à mesure. On essaye d’être productifs, portes peintes, meubles poncés et repeints, et le mobilier de la maison qui commence à prendre forme : table, tabourets, chaise, banc…On mérite donc une pause, non ?!

Du coup Oxmar nous a prêté sa moto pour une journée, pour faire la visite de l’île à 2 roues.

On en a donc profité pour aller visiter le sud de l’île, connu pour ses coraux en bord de mer, ses sites de plongée, son petit parc naturel.

On est donc partis cheveux au vent dés le matin, pour profiter à fond de la lumière du jour (coucher de soleil vers 17h30, nuit à 18h…).

Première escale dans un petit lac, en face de la plage, connu pour accueillir des crocodiles..

Donc on est parti curieux, avec le zoom bien installé sur l’appareil photo, pensant les voir au loin, sortir leur tête de l’eau timidement…

Pas du tout. Eux, c’est le contraire. Comme nous, ils sont là pour te voir de près, voire de très près, le plus près possible, passant sous nos pieds, entre les lames de vieux plancher. Et de les voir d’aussi près, ça fait quelque chose. Tu es là debout, sur le plancher, à genre 50cm du niveau de l’eau, protégé par du vieux bois, en imaginant le pire, et eux sont allongés, sur le sol, au niveau de l’eau, imaginant le meilleur !

Du coup, c’est flippant, mais ça vaut le coup de les voir d’aussi près…

Après cette première montée d’adrénaline, on est allé se baigner, avec nos masques, palmes, et tubas. Et là aussi, une nouvelle rencontre.

Alors que nous nagions vers les coraux, Adé m’a montré du doigt un rocher…Au début j’ai pas compris, alors j’ai pris une photo. Voyons si vous, vous comprendrez aussi vite que moi ?

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Vous l’avez vue ? Oui, c’est bien ça, une petite tortue, cachée par le récif…

Les bancs de poisson qu’on a croisé n’étaient pas timides. On a pu s’approcher d’eau et se laisser aller au rythme du courant et des vagues.

Le lendemain, Fede, un ami mexicain qui vit à Cozumel est venu nous chercher à 5:30 du matin pour nous amener faire du canot Maya. Il s’entraine pour participer à la travesia maya, une traversée commémorative pour rendre hommage à la déesse Ixcel, déesse de la fécondité. Un groupe de personnes partent de Xcaret sur la péninsule et l’autre de Cozumel pour rendre hommage a cette tradition Maya.

C’est une rame complètement différente que celle qu’on connaît chez nous. Les rames en bois sont plus courtes et on les plante à la verticale.

Un super moyen de commencer la journée !

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Ambiance de feu à Cozumel

Sans le faire exprès (ou peut être un peu) nous sommes arrivés au Mexique à la période d’une des fêtes les plus importantes pour les mexicains : el dia de los muertos. Ici, les morts sont célébrés lors d’une fête très gaie, spirituelle et très colorée.

Le samedi, nous avons participé à la construction de l’altar des muertos (l’hôtel des morts) à l’étage de la maison, sous la direction d’Oxmar, mexicain de notre âge, originaire de San Luis De Potosi installé à Cozumel.  Il nous a expliqué qu’à l’école, chaque classe devait préparer son altar de muertos et que la veille du jour J, les professeurs et parents élisaient le plus bel altar. De nombreux codes couleurs régissent la construction d’un altar et des éléments sont indispensables pour le construire : Les couleurs des différents étages pour accéder à la mort: dans l’ordre, le bleu pour la mer, le jaune pour le désert, le rouge pour l’enfer et le vert pour le jardin…

Certains éléments sont aussi indispensable: du sel, des bougies, des photos, des offrandes…

Le 1 novembre nous nous sommes tous réunis autour de l’altar des muertos. Chaque personne déposait offrandes et la photo d’une personne décédée. Les offrandes sont en fait les choses que la personne décédée aimait lors de son vivant. Des bijoux, des oranges, des sucreries, une voiture miniature, et même des bières ont été déposées sur cet altar.

La cérémonie autour de l’autel était fascinante. Certains poèmes improvisés étaient dits, d’autres chantaient des chansons sur la mort, certains se recueillaient, d’autres racontaient des histoires. C’était un très beau moment.

D’après la tradition, certains préparent des poèmes en rimes, toujours autour de la mort, appellés « calaverita ».

Pour l’occasion Jean ou Juan, comme on l’appelle ici, avec l’aide de sa traductrice officielle, a écrit un poème sur la mort, en espagnol bien sûr :

Senor esqueletto,

Le escribo porque quisiera el trabajo de muerto en su cementerio

Aunque no tengo experiencia, se que me dedico a eso para el fin de mi vida,

Tengo unas calidades para este trabajo: hablo poco, no hago mucho sonido, duermo mucho.

Si que como demasiado todavía pero me voy arreglandolo.

Se que no lo puedo evitar, la muerte me va a encontrar.

Y no se preocupen, que no tengan miedo, con unas paletas puedeo hacer mi propio feredro.

Espero que mi letra le llamara la atención.

Hasta la próxima,

Juan.

Et voici la traduction :

Monsieur le squelette,

Je vous écris ces quelques vers pour le poste de mort, dans votre cimetière.

Même si je n’ai pas d’expérience, je sais que c’est ce à quoi j’aspire pour la fin de mon existence.

J’ai quelques qualités pour ce poste: je parle peu, je fais peu de bruit et je dors beaucoup.

Oui, c’est vrai que je mange toujours trop, mais je fais des efforts pour diminuer les rations.

Je ne peux l’éviter, la mort et moi allons nous rencontrer.

Ne vous en faites pas, n’ayez crainte, avec quelques palettes, je peux construire mon propre cercueil.

J’espère que ma lettre attirera votre attention

A la prochaine,

Jean

 Nous nous sentions privilégiés de pouvoir assister à un événement aussi fort dans une maison, avec de nombreux mexicains et nos nouveaux amis étrangers.

C’était également le jour de l’anniversaire de Yolanda. Adélaïde et Laura lui ont donc fait un gâteau en forme de tortue. Nous avons fait la fête tous ensemble et tout le monde s’est couché assez tard.

C’est le réveil qui fut plus rude. Le cri de Yolanda qui hurlait « fuego, fuego chicos!!! ». Nous nous sommes levés et sommes sortis de la chambre. Nous avons compris que l’altar avait brulé. C’était un peu (beaucoup) la panique.

Nous avons rempli des sceaux d’eau et jean est monté à l’étage pour éteindre le feu. Yolanda a téléphoné entre temps aux pompiers qui sont arrivés sur place tranquillement, sans trop se presser.

Finalement, plus de peur que de mal, personne de blessé, mais il y aura beaucoup beaucoup de ménage à faire à l’étage de la maison…

Même si le réveil était un peu mouvementé, on a du vite enchaîner puisque ce dimanche là, c’était un peu ‘les portes ouvertes’ à la Tortuga Azul. Des producteurs, des ateliers pour enfants, de la musique, des cookies d’Adé et une pinata.

La journée fut une belle réussite et une rentrée d’argent pour la fondation.

Les enfants ont littéralement détruit, défoncé, déchiré, dézingué, la pinata soigneusement préparée la veille par Laura et Oxmar. Une fois entrouverte, ils se sont tous jettes sur les bonbons tombés au sol qu’il y avait dedans.

A la fin de la journée était organisé une tombola au profit de la fondation avec de nombreux lots à gagner. Adélaïde et Laura se sont chargées de l’animer. C’était un bon moment.

La vie à Cozumel

Les jours suivants à Cozumel ont été un peu plus productif, Adélaïde a poncé et commencé à peindre des portes des chambres et Jean a construit une table en palettes, un tabouret et un banc.

La maison grouille de monde toute la journée, l’ambiance est géniale.

Nous rencontrons tout le temps de nouvelles personnes, impliqués de près ou de loin dans le projet de Yolanda, des amis, leurs bébés, leurs animaux, d’autres étrangers… C’est fascinant à quel point il y a de l’animation dans cette maison.

Yolanda nous a amené faire notre baptême de plongée. C’était un moment extraordinaire !

Respirer sous l’eau…Un  des super-pouvoirs qu’on rêve tous d’avoir comme voler, se téléreporter, ou encore pouvoir manger sans s’arrêter…Bref pour l’avoir fait pendant environ 3/4 d’heure pour la 1ère fois de notre vie : c’était énorme!

On a réalise ce baptême en petit comité. Après un bon moment passé sur la plage à l’ombre d’une palapa pour nous expliquer le matériel, les bases de la sécurité, puis enfiler les combinaisons, on est parti à quelques mètres du bord, à environ 6-8 mètres de profondeur. On s’est baladé autour de gros blocs de bétons abandonnés là, recouverts de coraux. C’était beau, coloré, et bien habité par plein de petits poissons…

Sous l’eau, Yolanda a capturé un « pez leon »  ou rascasse volante, espèce originaire d’Asie qui a été introduite dans les eaux mexicaines et que les autorités demandent de tuer. Ce joli poisson, qui est hors de son milieu naturel n’a aucun prédateur dans les eaux des caraïbes et il est très vorace. Afin de protéger les espèces locales, les instructeurs de plongée ont donc le devoir de les tuer quand ils en voient. Les restaurants du coin le proposent donc très souvent sur leur menu. Pour en avoir goûté, c’est bon, et c’est ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable.

Cette première immersion nous a donné l’envie de passer le PADI, « examen » international qui permet de plonger partout dans le monde sans les bouées oranges autour des bras, sans dépendre de personne si ce n’est d’un bateau.

Nous nous sommes fait de bons amis ici, et nous réalisons jour après jour que les laisser va être difficile. Emma et Laura sont deux soeurs, deux françaises, deux plongeuses, et surtout deux amours en voyage. Elles avaient commencé le projet d’HelpX avant nous. Emma fait aussi un blog, dans lequel elle propose plein d’astuces pour voyager de manière solidaire et écolo.

Luis, un ami mexicain a préparé une des ses spécialités pour le dessert, (pas du tout calorique…). Il s’agit d’un gâteau qui s’appelle Pan de Elote et qui est à base de maïs. En fait, ça ressemble un peu à un flan auquel on aurait ajouté du maïs mixé. Et c’est très sucré, et très bon!